Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /Déc /2008 19:33
Par liwar - Publié dans : Nouvelles de la Terre - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /Déc /2008 19:21
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Dimanche 21 décembre 2008 7 21 /12 /Déc /2008 19:18
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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /Oct /2008 13:43
Trembler m'est interdit.
Pourtant, la fièvre est arrivée.
L'enfer me l'a pourtant promis,
De me laisser tout montrer.
Le parcours est trop long,
Le temps trop incertain
J'aimerai être certain
Qu'un jour nous pourrons
Dévoiler au grand jour,
Sans possible recours.

Et puis, le général est mort.
Liwar, je lui ai fait un sort.
J'ai décidé de les arrêter,
et de complètement les abandonner.
Je n'ai nul besoin de les entretenir :
ma foi en l'Enfer doit me suffir.

D'où vient donc cette errance ?
POurquoi suis je en proie
A ce manque de confiance
En ce vermisseau que j'appelle moi ?

Et si... le manque de soutien
Que ma famille manifeste
Provoquait, mine de rien,
Toute ce trouble qui reste ?

On me demande tout,
On ne me rend rien...
Seul l'Enfer me suit jusqu'au bout,
Et me laisse comprendre que je suis sien.

J'aimerai tant pouvoir
Lier l'enfer à mes proches
Quitter ce désespoir
Et repartir les mains dans les poches...
Par liwar - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 15:53
L'enfer est dans le vrai
Le général n'est pas enterré.
Ou alors il vient de repasser le Styx.
Le crétin est Phoenix.
Revenu, tout vu, il vainc.
Mort aux assassins.
Repars capturer les embruns :
Ta vengeance a des raisons que ton cœur ne sait point.
Par liwar - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /Août /2008 09:54

Les buffets, moi, j’aime pas ça. Pourtant, la nourriture y est toujours délicieuse. Quand on a le temps d’en goûter une miette.

Je dis ça parce que, justement, je suis allé à un buffet, la semaine dernière. Et c’était l’horreur.

Un repas de mariage, tout ce qu’il y a de plus normal. D’abord, le vin d’honneur. Les petits vieux étaient là, comme toujours en ce genre d’occasions, à faire le compte rendu des potins familiaux, en n’oubliant de lancer un regard oblique aux amuses gueules  placés sur les tables, comme s'ils les indisposaient. Les vieux hypocrites.

 

Au bout d’une demi heure, personne n’a encore touché, alors je me lance, d’autant plus que les toasts au caviar me faisaient de l’œil depuis que je suis entré dans la salle. Et ce premier pas me fut (presque fatal). A peine avais-je avancé le pied que les vieux, tout comme les jeunes qui visiblement attendaient eux aussi ce moment pour avancer, me piétinent tous de bon cœur afin de mieux bâfrer sans vergogne les petits canapés amoureusement préparés par un traiteur de luxe. Le temps de me relever, toutes la bande de sauvages massacreurs de foie gras sont déjà de retour à leurs places, et reluquent mon joli costume blanc, imprimé de leurs semelles de chaussures un peu partout, le sourcil froncé, d’un air de dire : » mais qui a invité ce clochard, qui vient avec sa  tenue d’éboueur en fin de tournée… »

Toujours est-il, que, le cœur plein d’espoir, je me tourne vers les tables à la recherche d’un dernier débris  de toast, quelque chose à goûter, même un atome de grain de semoule… là ! Ils ont laissé un canapé au caviar ENTIER ! C’est pas vrai, j’ai trop de chance, je… c’est alors que le grand père maternel du marié, se rendant compte de l’énorme erreur qu’il a fait, m’envoie son déambulateur dans les jambes pour engloutir mon objectif avec une satisfaction visible. Après s’être largement pourléché ses vielles babines flasques, cet espèce d’otrogoth me regarde d’un air complice, puis me lance, d’un air complice : « Les vieux d’abord, gamin ! », puis repars vers ses compagnons de commérages en riant de sa bonne blague. Je me suis promis de lui mettre un peu de mort aux rats dans sa flûte de champagne, au dessert.

Enfin le repas proprement dit, livré par des serveurs richement habillés, qui ne manquent pas d’ailleurs de me lancer le même regard hautain que chers compagnons (ha !) de boustifaille (re-ha !, suivi d’un gargouillis d’estomac). Je tente, toujours par un truchement pléthorique de tours d’œil, de leur faire comprendre que mon magnifique habit a été saccagé par ces ingrats qui ne respectent pas le travail bien fait d’artisans aussi dignes de louanges qu’eux, mais rien n’y fait, les sourcils restent froncés, et les narines retroussées.

Cette fois ci, je ne fais pas avoir : je prends ma part directement dans les mains du serveur (qui s’éloigne en hurlant, dieu sait pourquoi), et pars m’installer un peu çà l’écart, histoire de déguster tranquillement ma part de cochon de lait rôti, accompagné de son fagot de haricots verts.

Déguster. Quel mauvais jeu de mots que voilà.

Pour déguster, ça, j’ai dégusté.

 

Les petits vieux, horripilés par mon audacieuse prise d’initiative, me rackettent honteusement en bande organisé. Pendant que l’un me plante sa fourchette dans la main pour m’empêcher de couper une nouvelle tranche de viande, un autre m’arrache l’assiette des mains et s’enfuis avec .

Les autres me tabassent à coups de cannes, celui qui m’a mordu m’a laissé son dentier sur le poignet. J’ai même pris un coup de tête. Une vois chevrotante me menace « Recommences pas, petit, je travaille dans le béton. Tu veux quand même pas aller dire bonjour aux poissons ? »

Là c’en est trop.  Je veux bien me faire piquer la bouffe que je n’ai pas payée mais me faire tabasser par des petits vieux. Dans un hurlement sauvage, je me relève attrape le premier vieillard par les cheveux… qui me restent entre les doigts. Une perruque. Se sentant découvert, il se retourne, m’assène un coup d’accoudoir de fauteuil roulant bien ajusté entre les cuisses, pendant que les autres arrivent en renforts pour m’achevé. J’ai à peine eu le temps de voir le voltgun que l’un d’entre eux a sorti, que j’étais déjà dans les pommes.

Je me viens juste de me réveiller. J’ai les bras attachés au dessus de ma tête. Mes pieds sont pris dans le béton et… Mon dieu, mais je suis suspendu au dessus de l’eau ! Une voix derrière moi me lance : « Je t’avais prévenu, gamin, fallait pas nous chercher ! »

Maintenant, vous comprenez pourquoi je n’aime pas les buffets. Surtout quand ils sont organisés par la petite dernière de la famille Giovanni, de Sicile.

 

 

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Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /Août /2008 13:41

Le gosse a dans les dix ans. Il a été  invité, avec ses parents, au baptême d’une de ses cousines, qui est née quelques mois plus tôt.

Les adultes parlent entre eux des derniers potins de la famille, c'est-à-dire les naissances et les décès, les mariages et les divorces. Et l’oncle ivrogne est bien entendu lui aussi un sujet de conversation palpitant à part entière, comme d’habitude.

Seulement le petit, lui, il s’ennuie ferme. Assis dans un coin, à l’écart des ses cousins qui jouent à s’arroser au jet d’eau, il attend patiemment que le vin d’honneur se termine enfin. Il savait qu’il allait s’ennuyer, il aurait bien emmené des livres, ça oui. Mais ses parents le lui ont  interdit : « tu ne vas pas passer ta journée à lire, avec le temps qu’il fait ! » Et les livres sont donc restés au placard, chez lui, à cent cinquante kilomètres de là.

Alors, il n’a plus qu’à patienter, en espérant que quelqu’un lui laissera un petit roman à se mettre sous la dent.

Il en est encore à se demander qui viendra le tirer de son ennui lorsque sa grand-mère vient le trouver : « Allez debout, gamin, tu vas te bouger un peu ».

Le petit rechigne, mais sa mamie le traine tant bien que mal dehors. Une fois qu’il a vu ce qui l’attend, i l ouvre des yeux grands comme les phares de la deux chevaux de la grand tante qui a de la barbe.

« mais mamie, je ne sais pas faire de vélo ! 

-          Justement, il n’est jamais trop tard pour apprendre !

-          Mais je vais tomber !

-          Mais non, je tiendrai la selle, gros bêta ! »

Ayant dit cela, elle empoigne fermement son petit fils par les aisselles, pour le coller sur le vélo. Comme promis, elle attrape la selle. Et commence à pousser la bicyclette, avec le môme dessus, qui n’a d’autre chois que de mouliner pour ne pas se prendre les pédales dans les jambes.

« Et maintenant, je lâche !

-          Non, attends ! »

Trop tard, la main est déjà loin du vélo. Le petit s’en rend compte, panique, et s’affale. Son aïeule vérifie, qu’il n’a rien de grave, le remonte sur le vélo et recommence l’opération.

« Continue de pédaler, ce coup ci, je te tiens jusqu’au bout ! »

Alors il pédale, mais il n’en mène pas large.

« C’est bien, continue comme ça »

Trois secondes plus tard, d’une voix éloignée :

« Hé, ne vas pas si loin, il y a des voitures, là bas ! »

Quoi ? mais ? Il tourne prudemment la tête. Mamie est au moins à trente mètres derrière… Il fait du vélo, c’est vrai, il y arrive tout seul, il y arrive ! Content de son exploit, il mouline sec pour montrer que oui, il est grand maintenant, il a dompté cette satanée machine.

Mais voilà un virage. Il ne sait pas tourner. Il faut qu’il s’arrête, sinon il va prendre le mur… Un éclair de génie lui traverse l’esprit : et si ces deux manettes, là, sur le guidon…

Il serre de toutes ses forces les tiges d’aluminium oxydé, il s’arrête. Un peu trop vite. Le vélo s’est bloqué d’un seul coup, et le gosse, qui n’avait pas vu le coup venir est passé par-dessus. Il est étalé par terre. Ca fait un peu mal mais il ne peut pas pleurer quand même, il est grand maintenant. Il se relève péniblement, prenant bien garde à ne pas trop faire toucher quoi que ce soit à son genou incruster de graviers. Il redresse l’engin, fait demi tour en le poussant, repart, vers sa grand-mère qui le regarde faire en éclatant de rire.

« Quelle idée de freiner si sec ! il faut y aller tout doucement, sinon, voilà ce qui arrive ! »

Pour lui montrer qu’il a bien compris la leçon, il enfourche la bicyclette, pose un pied sur la pédale, inspire un grand coup… Comprenant ce qu’il veut faire la petite vieille lui lance :

« Attends, je vais te pousser sur les premiers mètres.

-          Non, merci, ça ira. »

A la fois amusée et surprise, Mamie reste donc là où elle est, observant son petit fils redémarrer, et se tenant prête à intervenir en cas d’accident.

Le premier coup de pédale le propulse en avant, puis il continue son chemin. Comme il arrive au niveau de Mamie, il ralentit un peu, dose son freinage, et s’arrête avec adresse à l’endroit voulu.

Ce qui lui a valu une grosse bise. Et bon livre. Il est tenté, prends le livre, l’observe, le repose presque à regrets, puis demande à sa grand-mère :

« Dis mamie, ça ne te dérange pas si je le lis plus tard ?

-          Non pourquoi ?

-          Ben, je voudrais continuer à faire du vélo… je peux ? »

 

 

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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 14:18
Un jour, alors qu’il était dans sa chambre pleine de journaux jaunis par le temps, recherchant sur internet les dernières informations transmises, Sylvain aperçu une souris bizarre se faufiler dans sa chambre : le rongeur était vert et bleu à pois marron. Le jeune garçon de 13 ans, dont le but est de devenir journaliste célèbre, la fila comme l’aurait fait le fin limier qu’il rêve d’être. La souris le vit se lancer à sa poursuite. Pour le semer, elle zigzagua entre les deux écrans d’ordinateurs posés sur son large bureau, pénétra dans l’armoire pleine de vêtements et en ressurgit par un petit trou dans le fond. Sylvain, déboussolé, regarda dans tous les sens et aperçu la fine queue du rongeur disparaître dans le miroir. Surpris, le jeune s’approcha d’un pas craintif de son reflet. Fait étrange : ce n’était pas lui qu’il voyait sur la surface froide, mais une nature luxuriante. De plus en plus stupéfait, il posa la main sur son miroir pour comprendre. A l’instant même où sa peau entrait en contact avec le verre, une autre main, translucide, elle, l’accrocha au pied pour l’expédier dans ce paysage. Il observa du mieux qu’il put, et se rendit compte qu’aucun être humain n’y avait jamais mis les pieds. Après avoir observé le lointain, il reporta son attention sur une absurdité comme il n’en avait jamais vue : un rocher avec des yeux. Assis sur ce rocher, un sorcier, facilement reconnaissable à son grand chapeau pointu, à son balai volant. Le plus surprenant étant encore que sa peau était assorti à ses vêtements, c'est-à-dire vert petit pois. Le seul élément de visible de son corps qui n’était pas vert était sa paire d’yeux, qui, eux, étaient rouges. Semblant s’impatienter, le nouveau venu s’exclama : Bienvenue dans le monde de Fables ! Que c’est-il passé ? Qu’est-ce que ce monde de dingue ? Et d’abord pourquoi voles-tu ? Où est-on ? Tu m’écoutes quand je parle ou quoi ? Je viens de te dire : « Bienvenue dans le monde de Fables !!!!! » Ah ! Ok ! Merci ! Et ce n’est pas la peine de me percer les tympans ! Il me reste une question : que fais-je là ? Bonne question. Mais à mon avis, la soureuse qui vient d’apparaître n’est pas totalement étrangère à tout cela. La quoi ? La soureuse : une souris verte et bleue à pois marron. C’est très bon, mangé avec de la crème fraîche. Les soureuses ont l’habitude de jouer des tours au gens pas très malins dans ton genre. Pas très malin ? Arrête de vouloir paraître intelligent ! j’ai dû te répéter tout ce que je t’ai dit au moins deux fois ! Mais où est elle partie, cette souris ? La Soureuse est partie dans les bois, là bas, au nord. Je dois la suivre ! Dans ce cas là, j’y vais aussi. Avec ton intelligence, tu ne tiendras pas deux minutes tout seul ici ! Je n’aime pas trop ta façon de parler, mais je crois que je n’ai pas le choix. Alors allons-y ! Les deux compagnons démarrèrent donc, se dirigeant vers l’orée du bois. A peine entrés sous les arbres, un léger tintement se fît entendre. Le sorcier vert parut tout à coup beaucoup plus tendu qu’un instant auparavant. Sylvain lui demanda ce qu’il se passait, mais il répondit que tout allait bien. D’ailleurs, le tintement s’éloignait déjà et était passé à la frontière de l’inaudible, et le vieil homme se calma. Une centaine de mètre plus loin, le bruit léger s’intensifia, et Iglesia (c’était le nom du sorcier, Sylvain l’avait appris en discutant avec lui) parut s’affoler à nouveau. Cette fois-ci, le jeune homme insista pour savoir ce qui se passait, mais son compagnon lui répondit à nouveau que tout allait pour le mieux. Seulement, à la seconde même où il finissait sa phrase, le tintement grandit, à tel point que les deux compagnons de route durent se boucher les oreilles. Lorsque ce vacarme fut tout à fait insupportable, Sylvain distingua des scintillements furtifs dans les arbres, et qui ne semblaient pas être du à des reflets du soleil. En observant mieux, il vit que les scintillements avaient une étrange forme humaine. En écoutant mieux, il comprit que les tintements étaient en fait des voix suraigues qui piaillaient en continu. Malheureusement pour lui, il ne saisit ce dernier détail que lorsque des milliers de minuscules voix crièrent à l’unisson : « A l’attaque ! » Toutes les minuscules fées fondirent alors sur Sylvain et Iglesia, pour leur tirer les cheveux et les oreilles, pincer leurs joues où encore nouer leurs lacets entre eux pour les faire tomber. Nos deux héros parvinrent tout de même à avancer, mais ce harcèlement continu leur fit perdre le sens de l’orientation, et Sylvain comprit encore une fois trop tard où elles tentaient de les mener : une gigantesque mare de boue collante et puante. Ce qui devait arriver arriva : les jeunes gens atterrirent tête la première dans la fange, sous les trillements de rire des fées. Tu savais ce qui se passait, n’est- ce pas ? Oui, mais si on ne prête pas attention aux fées, elles n’attaquent pas. C’est parce que tu as écouté ce qu’elles disaient qu’elles nous ont harcelés. Elles détestent les malpolis. Mais je ne savais même pas qu’elles parlaient ! Je cherchais juste à savoir ce que c’était que ce tintement ! Peut-être, mais toujours est-il que tu les as énervées. Et ne comptes pas sur moi pour les calmer. Je déteste ces petites pestes. Tu n’as qu’à te débrouiller tout seul ! Prenant son courage à deux mains, Sylvain s’adressa donc aux fées déchaînées : Excusez-moi de vous avoir écouté, mais je ne comprenais pas d’où venez ce joli chant ! Je pensais entendre un concert de clochettes ! Traites-nous d’idiotes, pendant que tu y es ! Excusez-moi encore une fois, mais dans le monde d’où je viens, il n’y pas de fées, et je n’ai compris que trop tard que vous étiez des personnes intelligentes. C’est pour cela que je n’ai pas pu savoir que vous parliez. Dans le monde d’où tu viens ? Tu viens d’un autre monde ? Eh bien oui, c’est une soureuse qui m’a mené jusqu’ici, en traversant un miroir... Le tintement se mua en bourdonnement comme il finissait sa phrase. Un être venant d’un autre monde, amené par une soureuse ? Ce pourrait il que ce soit... Impossible, il a l’air beaucoup trop bête... Eh j’ai entendu ça ! protesta Sylvain Et en plus il nous comprend lorsque nous parlons dans notre langue. Et n’oubliez pas qu’il est arrivé avec lui... On devrait lui en parler alors... Tout à fait d’accord ! Dans ce cas... Sylvain, nous avons une mission à te confier. Une mission à me... une minute, comment connaissez vous mon prénom ? Ne nous interromps pas ! Tu vas devoir sauver le minipeuple du minityran ! Minipeuple ? Minityran ? Je t’ai dit de ne pas nous interrompre ! Ramène le Sel de roche, et anéantis le minityran ! A la fin de la syllabe « ran », Sylvain se senti aspiré vers le haut : des centaines de fées le tiraient pour l’extraire de la boue, et l’envoyer voltiger au dessus de la cime des arbres. Après quelques secondes d’apesanteur enivrantes, la gravité reprit ses droits, et s’appliqua à le rappeler au sol de manière accélérée. S’attendant à une chute cuisante, il se roula en boule, pour atterrir en souplesse sur le sol pierreux... et rebondit dessus comme sur comme sur un trampoline. En se relevant, il vit une fée, le toisant à deux mètres de lui : « Crois moi, si tu veux retourner dans ton monde, tu n’as pas intérêt à échouer ! » Et elle repartit en volant vers la forêt. Sylvain fit alors un bilan de ce qui venait de lui arriver : se retrouvant projeté dans un univers qu’il ne connaissait pas, il devait maintenant chercher un Sel de roche dont il ignorait jusqu’à l’aspect, pour détrôner un minityran qu’il ne connaissait pas mieux, afin de libérer un minipeuple encore plus énigmatique. Et en plus il avait perdu Iglesia, qui aurait pu lui apporter une aide précieuse. Alors qu’il se morfondait sur sa situation plus que désastreuse, il aperçut un éclair vert et bleu teinté de marron filé entre les fourrés : la soureuse ! Cette fois-ci, il ne la laisserait pas filer ! Bien décidé à la poursuivre sur des kilomètres, rusant pour la dénicher dans des endroits impossibles à détecter pour l’œil humain, il se précipita dans les buissons où venait de disparaître le rongeur... pour le découvrir sagement assis sur son derrière, semblant attendre que Sylvain approche. Le héros la prit dans ses bras, pour se rendre compte que le petit animal était assis sur un petit flacon étiqueté, avec une sorte de poudre blanchâtre à l’intérieur. Se sachant dans un monde tout à fait absurde où la pierre la plus dure se transforme en caoutchouc si elle le veut, c’est sans surprise qu’il lut sur l’étiquette, griffonné d’une main hésitante : « Sel de roche ». Ça faisait toujours ça de moins à faire. La soureuse juchée sur son épaule et le bocal de Sel de roche dans la main, Sylvain reprit donc son chemin, pas réellement sur de la direction à prendre. Une heure plus tard, il tournait en rond, depuis qu’il s’était perdu dans la montagne. Il sentit la première goutte tomber lorsque son ventre commença à lui signaler qu’il avait faim. Seulement la goutte n’était pas venue seule : elle précédait seulement toutes ses sœurs jumelles qui venaient du nuage noir qui surplombait le mont. Heureusement pour le jeune homme, la soureuse repéra aussitôt une cavité à fleur de rocher. L’antre semblait profonde et humide, mais il pouvait rester à l’entrée. En cherchant dans les coins de rochers, il découvrit des vivres, prouvant que le lieu avait déjà été visité. Tenaillé par la faim, il mordit dans ce qui ressemblait à une cuisse de poulet, lorsqu’un grognement sourd surgit du fond de la caverne, précédant la chose qui venait de se réveiller. Et la chose en question avait grossièrement la forme d’un ours, avec une dentition de loup, et à la place de la fourrure une épaisse armure de pierre. Sylvain n’eut pas à réfléchir longtemps avant de comprendre qu’il ferait mieux de courir, et d’ailleurs ses jambes avaient du le comprendre avant lui puisqu’il galopait déjà hors de la caverne. Son premier contact avec la soureuse lui revenant en mémoire, il slaloma entre les énormes rochers qui bordaient la montagne, sauta par-dessus un buisson, avant de s’apercevoir que celui-ci cachait un énorme gouffre. Ne sachant toujours pas voler depuis la forêt des fées, il tomba. Cette fois-ci, point de sol rocailleux pour l’accueillir, seulement une rivière de lave. Croyant une nouvelle fois son heure arrivée, il ne prit pas la peine de se rouler en boule comme la première fois, mais rebondit tout de même sur la surface brûlante, sans aucun dommage pour lui, ni pour la soureuse qui était restée accrochée à son épaule, et encore moins pour le Sel de roche qu’il gardait bien enfermé dans son bocal, lui-même maintenu dans le poing du jeune garçon. Sautant sur ses pieds, il vérifia d’abord si la créature ne l’avait pas suivi, et apparemment, la grosse bête n’avait pas osé sauter. Marchant sur la lave comme sur un sentier de promenade, il atteignit enfin une berge de pierre solide, où il aperçut de petits êtres qui travaillaient sous la surveillance zélée d’autres personnages tout aussi petits, à la manière des Egyptiens de l’Antiquité. D’ailleurs, un « pharaon » se tenait sur un trône, d’où il observait Sylvain dans toute sa hauteur. Que fais-tu dans mon royaume, géant ? Je cherche quelqu’un qui pourrait se faire appeler le minityran. Il n’y a pas de minityran, ici, seulement un roi tout à fait normal qui gère son royaume d’une manière tout à fait juste et équitable, c'est-à-dire en fournissant travail et nourriture en quantité plus que suffisante à son peuple. Qu’appelez vous « quantité plus que suffisante » ? Eh bien cent cinquante heures de travail par semaine et par personne, et un bol de cailloux par mois et par famille. Et vous appelez ça suffisant ? Vous ne mangez qu’un bol de cailloux par moi ? Non, moi je mange à peu près autant que vous. Mais c’est normal, il faut garder la qualité du sang royal, tout de même... Donc, vous êtes bien le minityran... Je ne vous permets pas de m’insulter ! Gardes, saisissez vous de ce singe monté en graine ! Ah non, je me suis déjà fait avoir par les fées, alors le tyran des gnomes, il va se calmer ! Ce disant, une idée lui traversa l’esprit : il attrapa le minityran par la barbe (qu’il avait très longue), et introduisit le gnome dans le bocal de Sel de roche. La réaction fut instantanée : le minityran fut réduit en poudre, de la même couleur que le Sel de Roche. Sylvain eut une seconde d’hésitation, puis se tourna vers le minipeuple, qui l’ovationnait, pour le remercier de les avoir libérer de leur tyran. Ils lui indiquèrent la sortie la plus rapide, mais refusèrent de le suivre le long de ce tunnel. Il comprit pourquoi : la sortie de ce tunnel était la grotte où il s’était abrité durant l’orage. Pour preuve : la créature qu’il avait réveillée à son premier passage l’y attendait, les babines retroussées en un sourire carnassier. Une fois encore, les jambes du héros réagirent avant sa tête, et le portèrent à vive allure hors de la grotte. La poursuite dura longtemps, et le mena dans la forêt d’où il était parti. A peine avait-il pénétré dans les sous-bois que deux branches s’abattirent : une repoussa le monstre qui le suivait, l’autre le projeta dans les airs, pour l’expédier dans une mare de boue qui ne lui pas totalement étrangère. D’ailleurs, Iglesia l’y attendait encore. Se relevant pour la énième fois de la journée, il tendit le bocal de Sel de roche aux fées, en s’excusant : Il n’est pas tout à fait intact, j’y ai dissous le minityran... C’est parfait, ne t’inquiètes pas ! Maintenant, ouvre le bocal et verse-le dans la mare ! Ne comprenant pas le regard horrifié d’Iglesia, Sylvain s’exécuta, et versa le Sel jusqu’au dernier grain. Une réaction chimique eut alors lieu : la boue se mit à bouillonner et à chauffer... C’est alors que le héros comprit le regard du magicien, un peu aidé par le cri de ralliement des fées : « A table ! ». Iglesia confirma enfin ses soupçons en expliquant : « Le Sel de Roche que tu viens de leur ramener va servir à assaisonner leur dîner, bougre d’andouille ! Et leur dîner, c’est nous ! Tu viens de te préparer ton propre court bouillon ! ». Les fées se rapprochaient, presque au ralenti, savourant leur festin tout proche, hurlant ce cri de guerre : « A table !» C’est à ce moment là que Sylvain s’est réveillé, la forme des touches de son clavier imprimée sur sa joue. Sa sœur tambourinait sur la porte de sa chambre, en hurlant de sa petite voix stridente : « A table ! Et va chercher du sel à la cave, la salière est vide ! »
Par liwar - Publié dans : Nouvelles de la Terre - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Dimanche 13 janvier 2008 7 13 /01 /Jan /2008 18:32
Attention, je vous préviens, cette nouvelle n'est compréhensible que pour ceux qui ont terminé dans son intégralité la trilogiedes Dieux de Werber. Ou tout du moins, ça gâcherait le plaisir des autres de lire ce texte ci.


Le lecteur relève la tête, après avoir enfin terminé ce satané bouquin. Non pas qu'il ne lui ait pas plu, au contraire, c'est plutôt le genre de livre qu'on ne lâche pas avant d'être arrivé à la  fin.

Ainsi, le héros finit par se rendre compte qu'il n'est qu'un personnage d'encre et papier... Et ça le rend complètement dingue. Non mais faut vraiment le voir pour le croire, ça...

Après tout depuis des années, scénaristes de cinéma et illustrateurs mettent en scène des personnages qui non seulement ont conscience de leur statut de protagoniste fictif, mais en plus, en jouent pour faire les pitres. Alors pourquoi l'autre scientifique, qui est censé être plus intelligent que tous les autres, puisqu'il a fini par devenir un dieu au sens propre  du terme, nous casse-t-il des pieds ?

Le jeune lecteur, lui, s'il se rendait compte qu'il est en fait un personnage de roman, il...

Comme cette pensée lui traversait l'esprit, il entraperçoit une sorte de de miroitement dans l'air. Un miroitement quadrillé bleu et mauve. Pour vérifier, il ouvre le tiroir de son bureau, en tire un cahier de brouillon. "Pas de doute" se dit-il,"ça au moins, c'est drôle".

Le miroitement réapparait, et se fixe, de sorte que notre héros peut suivre des yeux la progression du petit serpentin.

S'insurgeant, il se lève d'un bond, et hurle :

"Hé, toi, l'écrivaillon du dimanche ! Quand on écrit comme un médecin un soir de troisième mi temps, on achète un ordinateur au lieu de torturer son stylo !"
Par liwar - Publié dans : Nouvelles de la Terre - Communauté : Déjantés...
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